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10. META OVALIS (Araneae : Tetragnathidae)
Ce fut une journée mémorable lorsque des campeurs ont découvert à Port-au-Saumon, il y a plusieurs années, une importante population de cette grosse espèce d'araignée dite «des cavernes», dans la cave de la Deumeurance, On y observait des femelles, des mâles et des œufs suspendus a un fil au plafond de la cave. Dans les années qui ont suivi cette découverte, les campeurs ont tenu à faire leur visite annuelle dans la cave de la Demeurance. Grâce aux observations de certains spéléologues (spécialistes des cavernes), l'aranéologue sait que M. ovalis peuple probablement la plupart de nos cavernes québécoises. Il semble aussi que cette espèce est susceptible de s'implanter dans certaines vieilles caves qui leur offrent, a l'instar des cavernes, les conditions minimales de survie, soit pénombre, fraîcheur, humidité et proies. Récemment, nous avons eu la surprise de découvrir quelques individus sur la paroi rocheuse derrière la cuisine du camp et également dans le canyon de la baie de Port-au-Saumon. Ces milieux, à bien y penser, réunissent également les conditions de survie du Meta ovalis.
11. Steatoda bipunctata (Araneae : Theridiidae)
Vous êtes sur la grande galerie de la Demeurance ou encore vous examinez les murs de nos bâtiments. Vous voyez une araignée dodue au corps globuleux et autour, quelques amas de soies échevelées qui ne ressemblent en rien à une toile savamment construite comme celle des Araneidae, c'est-à-dire ces superbes toiles orbiculaires qui font l'admiration des naturalistes. Pourtant, regardez autour de ces lambeaux de soie, vous verrez des mouches mortes et de nombreux autres insectes. Il est évident que les Steatoda jouent un rôle important comme prédatrices d'insectes dans nos bâtiments et autour de nos propriétés.
Ces araignées sont de la même famille que la redoutable veuve noire ( Latrodectus sp.) dont la morsure peut être potentiellement mortelle pour l'humain. Les Steatoda sont inoffensives pour nous, même si un observateur américain rapporte qu'une Steatoda aurait vaincu une veuve noire dans un combat «organisé» par l'humain dans un terrarium?
12. Une courte chasse entomologique au lac à l'Ours, au nord de Port-au-Persil
Cette année nous avions un visiteur de marque en Serge Laplante. Serge est un grand spécialiste des coléoptères. Le 5 juillet 2004, une équipe s'est rendue au lac à l'Ours. Sur le champ, Serge, notre expert, nous a fait connaître des coléoptères de la famille des Dyticidae. Parmi nos spécimens, il y avait des représentants de quatre genres de dytiques, soit des Graphoderus, des Acilius, des Ilebius et des Comptotomus (ces derniers, des insectes de très petite taille). Il s'agissait de spécimens adultes. Raymond Hutchinson a déjà montré des Acilius (larves et adultes, venant du lac à l'Ours) au Dr. Smetana, grand coléoptériste d'Agriculture Canada à Ottawa pour obtenir des déterminations correctes.
Les larves d'Acilius sont particulièrement fascinantes à observer en aquarium. Elles nagent de façon gracieuse et élégante, ce qui ne les empêche pas d'être des prédatrices redoutables pour certains insectes aquatiques. Il faut retenir que dans chacun des genres de dytiques mentionnés plus haut, l'entomologiste doit apprendre à identifier de nombreuses espèces. C'est une affaire d'expert conne Serge, notre visiteur.
En passant, nos campeurs et campeuses ont pu observer des larves d'Aeshna, ainsi que le vol spectaculaire d'Aeshna eremita, la première espèce à voler dans la région au début de l'été et une des plus grosses espèces du Québec. Une autre libellule très présente en ce début de juillet, c'était Cordulia shurtleffi. Les mâles passaient devant nous au bord du lac et donnaient aux jeunes du camp l'occasion de faire leur apprentissage dans l'art de capturer des libellules au vol rapide. D'autres especes de libellules de plus petite taille comme les Leucorrhinia glacialis et L. hudsonica, ainsi que de nombreuses demoiselles (Enallagma boreale et probablement Enallagma cyathigerum) égayaient le paysage aquatique de leur coloration noire et bleu ciel, parfois teintée de vert chez des femelles).
Peu de temps après notre arrivée, il fallait déjà revenir au camp et étudier les spécimens récoltés. Pour plusieurs de nos campeurs et campeuses, il s'agissait de la première fois qu'ils observaient des insectes, accompagnés de connaisseurs, c'est-à-dire des entomologistes amateurs avertis…
13. Quelques insectes attirés par les lumières des bâtiments du camp ERE de l'Estuaire, été 2004.
Le premier stage de juillet 2004 fut une période très propice pour l'observation et la capture de plusieurs espèces de gros papillons de nuit comme l'énorme Sphinx du peuplier ( Pachysphinx modesta ), le Polyphème d'Amérique ( Antheraea polyphemus ) le Sphinx géminé ( Smerinthus jamaicensis ), le Sphinx du saule ( Smerinthus cerisyi ), le Sphinx aveugle ( Paonias excaecatus) et un Sphinx du laurier ( Sphinx kalmiae ). L'abondance d'individus de ces différentes especes permettait de «meubler» de nombreuses boîtes entomologiques de collection. Quant à la cohorte d'espèces de papillons nocturnes observés dont personne au camp ne connaît l'identité avec certitude, il faudra bien un jour un expert pour nous faire découvrir les richesses du camp en papillons nocturne, Cela viendra sans doute sous peu. Il faut le souhaiter.
Pour ce qui est de la horde d'insectes de toutes formes et de toutes tailles appartenant à des ordres différents, je retiens trois genres dont des espèces présentent un intérêt particulier. Par exemple, les pyrochres (Coleoptera) sont de grands insectes de forme allongée aux couleurs vives. Certaines espèces sont communes sous des écorces de souches. Les adultes sont, cependant, peu observés en nature, mais viennent aux lumieres, l'obscurité venue. Lorsque l'entomologiste les manipule, ils dégagent une odeur de «bête puante». Un ou deux individus étaient posés sur les murs de nos bâtiments chaque soir au début de juillet. Et que dire des jolies petites Lebia (Coleoptera) posées sur les plafonds de nos galeries autour des lumières. Il s'agit de magnifiques petits insectes floricoles se nourrissant de pucerons ou d'autres insectes au corps mou dans le voisinage des fleurs. Une dizaine d'espèces, au moins, sont recensées pour le Québec et nos entomologistes auraient pu en récolter une bonne douzaine au cours de nos stages de juillet 2004.
Enfin, Serge Laplante m'a montré un coléoptère trapu du genre PENTHE posé sur le mur de la cuisine sous les lumières extérieures. Il s'agit de gros insectes trapus, plus ou moins ovalaires. Ceux-ci vivent dans les champignons appelés POLYPORES.
Ce n'est que quelques exemples d'insectes que l'entomologiste peut apprendre à connaître en flânant le soir sur les galeries des bâtiments du camp en attendant l'arrivée de nombreuses espèces d'insectes attirées par les lumières de nos maisons.
Raymond Hutchinson
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