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Les Ophiogomphus (Odonata: Gomphidae), ces merveilleuses libellules de nos cours d'eau
Demandez à un ''amant'' des libellules quelles sont ses espèces de prédilection. Il vous répondra peut-être que les Ophiogomphus (six espèces au Québec) comptent parmi ses odonates préférés. Pourquoi? Partir à la recherche de ces insectes fascinants comporte de nombreuses facettes qui constituent de véritables défis pour l'odonatologue. Leurs captures sont loin d'être garanties. On revient souvent bredouille. Les Ophiogomphus sont des créatures secrètes, farouches, méfiantes, fuyant le moindre mouvement brusque de la part de l'entomologiste collectionneur. Ils ne restent pas longtemps au bord de la rivière ou du ruisseau. Ils passent le plus clair de leur temps dans la végétation dense de la forêt bordant les cours d'eau et sont souvent quasi-introuvables.
Le 27 juillet 2005, une équipe de naturalistes du camp ÈRE de l'Estuaire a exploré le ruisseau situé au nord de Port-au-Persil, celui qui se trouve près du lac à l'Ours. Cette année, contrairement à d'autres années plus fructueuses, il nous a fallu nous contenter de la récolte de deux larves dans le ruisseau. Un jeune campeur, Philippe, a eu la chance d'en cueillir une. Par beau temps, il est possible de capturer des adultes de l'espèce Ophiogomphus colubrinus à cet endroit. Nous y observons l'espèce depuis environ 25 ans.
Pour nous, la rivière Baie-des-Rochers, située à environ 20 kilomètres à l'est de Port-au-Saumon, s'est révélée un endroit merveilleux pour observer et capturer deux espèces d'Ophiogomphus, soit O. mainensis et O. aspersus. Encore là, il faut travailler très fort pour capturer un ou deux individus adultes de ces espèces. Dans le passé, un ou deux campeurs sont parvenus à n'en récolter jusqu'à sept. Quelle chance!
Quand vous ferez une excursion au ruisseau près du lac à l'Ours ou encore à la rivière Baie-des-Rochers, pensez à cette occasion unique de faire un véritable travail de ''détective'' en cherchant à résoudre le mystère de la vie des Ophiogomphus adultes. Jouissez de la beauté extraordinaire de ces deux sites, de la chance d'entendre le clapotis des vagues et entrez de plein pied dans cette vie d'insectes discrets qui ne livrent leurs secrets qu'aux plus persévérants des naturalistes. En passant, c'est aussi difficile pour les chercheurs chevronnés de capturer des Ophiogomphus que pour le débutant.
Bonne chance à tous nos jeunes naturalistes.
Raymond Hutchinson, revue le 15 oct. 2005.
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