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Connaissez-vous Jean-Henri Fabre?
Ce grand entomologiste, de renommée universelle, vécut en France. Sa très longue et fructueuse existence se déroula de 1823 à 1915. Ses extraordinaires, Souvenirs entomologiques, font le bonheur de centaines de milliers de lecteurs depuis fort longtemps. Les lecteurs se délectent en parcourant des milliers de pages relatant la vie des insectes, des araignées et d'autres créatures. Il a immortalisé en quelque sorte ses observations et ses expérience sur la vie des organismes de sa cour, attenant à sa propriété située à Sérignan-du-Comtat, en Provence. Bon nombre de bibliothèques du Québec ont un exemplaire de ces Souvenirs entomologiques sur leurs tablettes. De nombreux entomologistes du Québec citent Fabre comme influence majeure dans l'éclosion de leur passion pour les insectes.
Fabre n'était pas intéressé à collectionner et à faire mourir les insectes et les araignées qu'il rencontrait. Il voulait les voir naître, vivre, se nourrir, s'accoupler et mourir. Son plus grand bonheur et sa plus grande passion consistaient à voir évoluer les insectes sur sa propriété même, dont une partie restait en friche, abandonné à la nature... Aucune expédition au loin ne l'intéressait, bien qu'il en ait fait quelques unes avant d'acquérir sa propriété provençale.
À Port-au-Saumon, notre cour, notre terrain d'observations se situe autour du réfectoire, de la Demeurance, au bord du fleuve, devant le camp, sur les falaise ceinturant notre magnique baie et le champ Zoel, situé tout près du camp. Des centaines d'espèces d'insectes et d'araignées nous accompagnent lors de notre séjour au camp. Il s'agit d'un vaste champ d'observations, de découvertes et d'expériences de toutes sortes que nous pouvons réaliser. Comment ignorer tout ce petit peuple d'organismes dont la vie peut devenir une source intarissable d'émerveillement constant pour chacun de nous.
Commençons dès cette année en ce mois de juillet 2005. Une Une simple promenade autour des plantes qui poussent partout sur notre terrain ou encore dans les sentiers révéleront tout un monde d'organismes d'une beauté souvent extraordinaire. Ce sont nos voisins, noa ''amis'' peut-être. Ces végétaux qui étalent leur beauté et nous enveloppent de leurs mille coloris partout sur le terrain du camp seraient-elles là sans l'activité pollinisatrice des insectes?
Le 25 juillet 2005, au cours de mes courtes promenades sur notre terrain, j'aurais pu compter des centains de mouches, d'abeilles sauvages, de bourdons et de guêpes qui se posaient sur les fleurs devant le Demeurance, dans le secteur du puits et que dire du sentier dont les plantes forment une frondaison dense de chaque côté du sentier en question. Au surplus, toute cette végétation qui ceinture le bord du fleuve dans la baie de Port-au-Saumon mérite toute notre attention et savez-vous que vous pouvez découvrir de nombreux insectes dans les débris qui jonchent le rivage devant le terrain du camp et dans la baie Harvey tout à côté...
À l'oeuvre donc naturalistes et entomologistes du camp Ère de l'estuaire.Embarquons-nous pour réaliser un grand projet qui consiste à mieux connaître les insectes et les araignées qui sont témoins sans doute inconsciente de notre activité d'êtres humains fébriles et remplis d'énergie. Devenons de petits Henri Fabre et cessons d'ignorer l'activité bourdonnante de ce petit monde grouillant qui, somme toute, domine la planète TERRE et travaille pour nous à notre insu.
Raymond Hutchinson, revue le 17 oct. 2005.
Première observation ''à la Jean-Henri Fabre''
Par une belle journée de fin de juillet 2005, j'étais avec Denis à Saint-Fidèle, au bord d'un étang. Il a photographié des chenilles qui se trouvaient en nombre dans un Chardon (Cirsium sp.). Le 30 juillet 2005, devant la Demeurance, à Port-au-Saumon, j'ai aussi découvert des chenilles qu'hébergeaient plusieurs autres chardons. En consultant des livres, je crois qu'il y a de fortes chances qu'il s'agisse de chenilles de Vanesses, beaux papillons de nos contrées. Au cours de ces observations, j'ai justement aperçu des Vanesses Belle Dame se poser précisément sur les chardons du camp, sur lesquels des chenilles s'y nourrissaient et y vivaient leur vie. S'agit-il de la Belle Dame à Port-au-Saumon et à Saint-Fidèle? Il nous faut préciser et bien documenter ces observations.
Donc, le cadre de mes recherches est en place. Par une suite d'observations nouvelles, de vérifications et d'études, je me dois de préciser si ces papillons sont bien identifiés, si je suis dans la bonne direction car je ne suis pas un lépidoptériste. Henri Fabre n'était pas un taxonomiste de toutes les espèces qu'ils a observées. Il a commis des erreurs. Mais, aujourd'hui, on connaît l'identité des insectes qu'il a étudiés. Ses découvertes ont donc fait progresser la connaissance des sujets de ses observations.
À l'avenir, nous allons retourner aux sites des Vanesses observées, revérifier l'identité des chenilles et valider toutes nos déterminations. S'il y a erreur, nous rectifierons en conséquence. C'est notre projet de recherche. Campeurs, voulez-vous m'aider dans cette recherche? Rendez-vous donc au site de nos feux de camp. Derrière, il y a des chardons éparpillés parmi la végétation. Trouverez-vous les chenilles sur les chardons? Et les Vanesses adultes qui égaient de leurs coloris spectaculaires l'espace aérien au-dessus des fleurs?
Raymond Hutchinson, revue le 17 oct. 2005. Deuxième observation ''à la Jean-Henri Fabre''
Je viens de commencer une nouvelle série d'expériences. Je me rends là où il y a beaucoup de plantes herbacées et je scrute attentivement. Je cherche des feuilles repliées par des organismes. Ceux-ci semblent avoir ''cousu''ces feuilles avec de la soie. Ils se sont fait une cachette, une logette, un abri. J'en ai ouvert quelques uns. Qu'ai-je vu jusqu'à maintenant?
J'a découvert une quinzaine de femelles de l'espèce d'araignées, Enoplognatha ovata (famille Theridiidae), cinq femelles d'une autre araignée, Araneus trifolium (famille Araneidae), mâles et femelles, ainsi que, trois feuilles repliées qui contenaient des araignées-sauteuses (Salticidae). Les trois sauteuses appartiennent à l'espèce, Eris militaris (femelle), dans un cas, et pour les deux autres au genre Pelegrina, dont les espèces sont parfois plus difficiles à déterminer. Celles-ci semblaient être des juvéniles ou des immatures. Sur le terrain du camp, nous avons jusqu'à maintenant récolté Pelegrina proterva, espèce très commune, Pelegrina flaviceps et Pelegrina flavipes, deux taxons difficiles à séparer.Apparemment, des chenilles se font également des abris sur les feuilles et peut-être d'autres organismes. C'est un nouveau champ de recherches ouvert pour nous.
Il s'agit désormais de développer son sens de l'observation en faisant l'inventaire des espèces d'araignées, d'insectes et d'autres organismes qui se servent des feuilles de plantes et de leurs habiletés de manipulatrices de la soie, qu'ils fabriquent eux-mêmes, pour se fabriquer un abris. Ces ''couturières'' talentueuses peuvent par ces cachettes se soustraire à nos regards, mais surtout éviter que les prédateurs deviennent conscients de leur présence. Je me rappelle que j'ai trouvé une femelle de Pellegrina proterva , cachée dans sa logette avec son cocon, également enveloppé de soie fixée à une feuille repliée.
Que penez-vous de ce projet? Ne pourrions-nous pas en apprendre beaucoup sur la vie cachée de ces organismes? En passant, je crois que si l'on défait une de ces feuilles repliées, et que l'on dépose l'insecte ou l'araignée sur la même plante , l'organisme dérangé se construira probablement un nouvel abri. Qu'en pensez-vous? Nous pourrions faire l'expérience avec un organisme et du feuillage dans une cage. On sait, par exemple, que l'araignée dont on a brisé la toile, en marchant dans la végétation, peut la réparer ou s'en construire une autre. Je vous invite donc à m'aider à à réaliser ce projet de recherche qui vise à mieux connaître les stratégies de survie des ces petits êtres vivants qui s'abritent, et se protègent de la pluie, peut-être, des prédateurs ou encore de nos regards indiscrets. À bientôt!
Raymond Hutchinson, revue le 18 oct. 2005.
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