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L'après-midi du 26 juillet, Denis et moi-même cherchions des insectes et des araignées à photographier. En soulevant de petites pierres au sol, je découvris une assez grosse araignée-sauteuse qui semblait figée par mon geste de l'imposer à la vive clarté du jour. Un enchevêtrement de soie se trouvait à ses côtés. Denis a pu photographier cette magnifique araignée à loisir, puiqu'elle nous assura de sa collaboration entière en ne fuyant pas devant ces deux naturalistes-''mastodontes'' qui l'examinaient et la manipulaient de différentes manières pour que son positionnement corresponde aux besoins du photographe, besoin surtout en lumière.
Séance de photos terminée, la décision fut prise de la capturer pour l'intégrer à la collection de référence du camp. Après examen à la loupe binoculaire, nous pouvons établir qu'il s'agit d'un Phidippus purpuratus femelle. Outre cette espèce capturée également en juillet 1991 (un mâle, une femelle), deux autres sont mentionnées pour Port-au-Saumon, soit Phidippus clarus (trois mâles, une femelle le 5 juillet 1991) et Phidippus borealis (une femelle) autour de l'année 2000, spécimen non mentionné dans la littérature aranéologique. L'individu se trouvait sous une grosse pierre sous le réfectoire du camp.
La vue d'un Phidippus est généralement une surprise pour l'aranéologue québécois. Il est, en effet, surpris par une araignée trapue, de bonne taille, à l'allure menaçante. Ces saltiques sont, à n'en pas douter des prédatrices redoutables. Leur vision est une des plus remarquable parmi les invertébrés. Elles doivent, à la vue d'une proie potentielle, bien s'enligner et sauter, parfois, à bonne distance pour s'assurer de bien saisir la pauvre victime. L'accouplement de ces araignées peut être précédé d'un rituel fort complexe, de la part des mâles, pour attirer l'attention de la partenaire sexuelle. Le grand ''comédien'', le séducteur invétéré, c'est le mâle. Après l'accouplement, le femelle produit un sac d'oeufs, le cocon, qu'on peut retrouver près d'elle, sous la pierre choisie pour guetter et protéger sa future progéniture.
À ce jour, c'est en soulevant les pierres de milieux rocheux que j'ai réussi à observer, au besoin à capturer le plus grand nombre d'individus. J'en ai également capturé quelques uns par fauchage et battage de la végétation.
Sans doute que de nombreux autres Phidippus ont élu domicile sous les pierres du terrain du camp Ère de l'estuaire, dans le champ Zoël et en d'autres biotopes ouverts ''recouverts de pierraille… Partez à l'aventure et tentez d'en repérer d'autres.
Raymond Hutchinson, revue le 17 oct. 2005
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