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Observations de la ponte de la libellule Somatochlora elongata (Odonata : Corduliidae) près de Saint-Fidèle
Le 31 juillet 2005, Denis et moi sommes descendus de la fourgonnette, au bord de la route, pour examiner une petite pièce d'eau boueuse et fangeuse d'à peine trois ou quatre centimètres de profondeur. Dès l'arrivée, nous vîmes une Somatochlora elongata femelle en train de pondre. Sa manière de faire peut se décrire de la façon suivante. La libellule se tenait le corps droit, à l'horizontal, à quelques centimètres au-dessus de la mousse humide au bord de la mare. Puis, alternativement, elle touchait la mousse humide de la rive et la surface de l'eau à chaque coup. La manoeuvre de descente et de remontée se produisit des dizaine de fois. Ce n'est pas la première fois que j'observe ce type de comportement chez les Somatochlora elongata femelles.
Le grand odonatologue canadien Edmund Walker (1925) rapporte les mêmes observations relativement à l'espèce en cause. Dans Walker et Corbet (1975), il décrit le comportement des femelles de cette somatochlore à peu près comme suit. Comme pour notre observation, la femelle tenait son abdomen à l'horizontal avec le bout un peu relevé,à trois pouces de la surface de l'eau. L'observateur décelait des mouvements de virevoltes assez curieux puis penchant son abdomen vers l'avant frappait la mousse humide sur une pierre un peu au-dessus de l'eau, puis revenait vers l'eau à quelques pouces de distance en frappant l'eau avec le bout de son abdomen à deux ou trois reprises, puis frappait la mousse humide de nouveau et ainsi de suite…
Que se passe-t-il vraiment? Où sont déposés les oeufs, dans la mousse ou dans l'eau? Voici la version de Walker et Corbet (1975). Selon eux, plusieurs chercheurs affirment que les oeufs se trouvent dans la mousse humide, puis la femelle nettoie ses lames vulvaires , d'où sortent et transitent les oeufs, en trempant son abdomen dans l'eau.
Selon Walker et Corbet (1975), des comportements de ponte semblables sont observables chez les femelles de Somatochlora minor et Somatochlora williamsoni, deux espèces présentes autour de Port-au-Saumon et Port-au-Persil. Les auteurs nous préviennent cependant que les femelles S. williamsoni sont très difficiles à repérer dans la nature. Elles hantent les endroits sombres de la forêt, surtout coniférienne. Et leurs activités de ponte se révèlent des plus discrètes.
Walker, E.M. 1925. The North American dragonflies of the genus Somatochlora . University of Toronto Studies, Biological Services 26, 202 pages.
Walker, E.M. et P" S. Corbet. The Odonata of Canada and Alaska. Volume III. University of Toronto Press, Toronto. 308 pages.
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