Camp d'études scientifiques et d'arts écologiques

Mentions du spectaculaire papillon nocturne,
Hyalophora cecropia (Lepidoptera :
Saturnidae) à Port-au-Saumon (Charlevoix-Est)


De 2000 à 2005, la saturnie cecropia a été capturée deux fois aux lumières de bâtiments du camp ERE de l'Estuaire en juin. À une autre reprise, deux ailes de ce magnifique saturnide gisaient au sol sous l'escalier qui mène au réfectoire du camp.

J'avais trouvé ces grandes ailes parce que la chance m'avait, d'abord, été donné d'observer des chauve-souris qui capturaient des papillons nocturnes de bonne taille, devant la grande fenêtre éclairée de la cuisine du camp, en fin de soirée. De plus, avec le père Jean-Baptiste Genest, j'observais de temps à autre,  des oiseaux, venus du bois environnant,  qui volaient vers la porte d'entrée du réfectoire et capturaient des papillons posés sur le mur ou encore en vol autour de la porte, au tout début de juillet 2004. Nous regardions cette scène de la Demeurance, l'avant-midi. J'avais donc résolu de chercher des ailes de papillons au sol, sous l'escalier, ce qui m'a permis de trouver des débris d'ailes du Polyphème d'Amérique (Antheraea polyphemus) (4 spécimens) et  du sphinx du Peuplier (Pachysphinx modesta) (6 spécimens). J'ai déposé ces restes d'ailes, à peu près intactes, dans la collection du camp,en enveloppe de cellophane.

À mon arrivée au camp fin juin 2006, les moniteurs et animateurs, en stage de formation, m'ont montré trois individus adultes de la saturnie cécropia, capturés au camp, au cours de la seconde moitié du mois. Ces spécimens sont déposés dans la collection du camp.  Dans celle-ci, il y a d'ailleurs une énorme pupe de cécropia dont on n'est pas certain de la provenance.

Selon Handfield (1999), la présence de la saturnie cecropia dans la région 3 du Québec, laquelle, selon l'auteur, englobe le Lac-Saint-Jean et le Saguenay, et, probablement, selon nous, Charlevoix-Est, est jugée possible, mais très rare.  Il ne connaît pas de mention pour ces deux divisions de recensement de la province. Il mentionne, du reste, que le chanoine Victor Huard, qui a sillonné le lac Saint-Jean et le Saguenay (1929) pendant de nombreuses années, n'a jamais signalé la présence de ce papillon nocturne en ces régions.

Il nous semble donc important de faire connaître ces mentions pour la région de Port-au-Saumon. Je ne me rappelle pas avoir vu des chenilles de cette espèce  dans cette région de Charlevoix-Est après 40 ans d'excursions, bien que de nombreuses espèces de plantes-hôtes signalées dans Handfield (1999) se trouvent autour du camp. Nos recherches d'adultes et probablement de chenilles doivent se concentrer sur les mois de mai et juin, car nous n'avons pas encore au camp de signalements qui dépassent le mois de juin. Il s'agit probablement avec le papillon-lune (Actias luna), autre saturnidae, du plus beau papillon nocturne dont la capture fait l'envie des lépidoptéristes. 
   

Ouvrages cités

Handfield, L. 1999. Le guide de papillons du Québec. Volume 1. Broquet, Boucherville Qc. Canada. 536 pages plus 123 pages d'illustrations et de photos.

Huard, V. 1929. Le Naturaliste canadien 1955 (10): 29.