Camp d'études scientifiques et d'arts écologiques

LE SITE WEB Port-au-Saumon 2003   

Le camp ÈRE DE L'ESTUAIRE

Articles courts ne dépassant pas une page de Raymond Hutchinson  (SUITE)

5. Une première mention de Libellula lydia à Port-au-Saumon

Depuis les débuts de nos inventaires d'odonates dans la région de Port-au-Saumon et dans les régions limitrophes, nous n'avions jamais récolté d'individu de l'espèce Libellula (Plathemis) lydia. Nous avions bien observé à deux reprises un mâle en vol dans la région de Ste-Mathilde sans pouvoir faire de capture. L'espèce est présente dans la région des Éboulements. Cette année, le 6 juillet, nous avons récolté un mâle mort et gisant sur le bord du chemin de terre qui relie Saint-Fidèle à Saint-Siméon, derrière Port-au-Saumon. Nous nous trouvions près du pont qui enjambe la rivière du même nom. Il nous reste, toutefois, à confirmer l'existence de l'espèce autour du camp par des récoltes de larves et d'adultes vivants, ce que nous n'avons pas encore fait. L. lydia est un libellulide très commun dans le sud-ouest du Québec surtout.

6. Une mouche assassine qui transporte un coléoptère à Baie-des-Rochers

Vers la fin du deuxième stage du camp l'Ère de l'Estuaire, la journée à Baie-des-Rochers eut lieu. Je dédidai de rester près du quai et de me promener sur le chemin qui mène à la route 138 dans le but d'observer des insectes et des araignées. Je vis une forme massive, d'allure étrange, qui volait parmi les fleurs et les arbustes. Capture faite au filet à papillon, je découvris qu'il s'agissait d'une mouche assassine du genre Laphria qui transportait une proie, un coléoptère du genre Trichiotinus, dans ses pattes en volant erratiquement d'une plante à l'autre.
Les Asilidae ou mouche assassine constitue une famille d'environ 4000 espèces dans le monde. Le Québec en compterait une soixantaine ou davantage. Parmi la douzaine d'espèces du genre Laphria présentes au Québec, quelques unes sont des imitatrices quasi-parfaites de bourdons, qu'on appelle faussement au Québec des taons. L'apparence de ces mouches ''assassines'' est, cependant, trompeuse, puisque ce sont des prédatrices redoutables. Leur appareil buccal ou ''bouche'' est constitué d'une sorte de dague pôintuecomme une épée qui peut transpercer dans certains cas les carapaces d'insectes les plus durs. On dit qu'elles em,palent les victimes. De plus, ces mouches sont souvent reconnaissables par la touffe de poils hirsutes, longues et raides au-dessus de l'appareil buccal, qui, dit-on, protégerait, leurs yeux des mouvements désesprés des victimes de l'empalement.
Le Trichiotichnus est un coléoptère qui ressemble aux cétoines. Cet insecte fait vaguement penser à un bourdon, lui-aussi. Sa toison, parfois fortement garnie de poils raides lui confère une allure hirsute. L'adulte vit beaucoup sur les fleurs et s'observe souvent sur celles-ci lorsque le soleil darde ses chauds rayons sur la prairie qui transpire...Par temps, frais, l'adulte s'engourdit et adopte une posture qui peut rappeler le bourdon dans la même situation.
Les Asilides ou asiles ou mouches assassines traquent leurs proies en les pourchassant en plein vol pour tenter de les saisir avec leurs pattes afin d'enfoncer leur ''poignard'', mortel pour la victime. Elles sucent les liquides de la proie, puis abandonnent pour ainsi dire la coquille vide de l'insecte, sa forme carapaçonnée d'où la vie est absente.

7. Des libellules dans la rivière Port-au-Saumon

Lorsque l'odonatologue (spécialiste des libellules) examine les caractéristiques physiques de la rivière dans le secteur situé près du camp, il voit bien que les sites favorables au développement des larves sont peu nombreux. C'est de la grosse roche, des cailloux, peu d'endroits sablonneux et boueux. Cette carence est d'ailleurs confirmée par le peu de libellules observées à moins de persister de longs moments à attendre l'objet de ses recherches.
Il n'en demeure pas moins qu'il y a une faune odonatologique dans la rivière Port-au-Saumon. J'en veux pour preuve les observations et les récoltes des espèces suivantes en juillet 2003. Aeshna umbrosa (exuvie sur la paroi interne du pont de la route 138), Boyeria grafiana (mâle et femelle adultes capturés tout près du pont), Boyeria vinosa (exuvie sous le pont, paroi interne), Cordulegaster maculatus, exuvie sous le pont et un adulte mâle en patrouille ert enfin des centaines d'exuvies de Lanthus parvulus et une trentaine peut-être d'adultes de cetter dernière espèce, récoltées depuis une vingtaine d'années.

Pour observer des adultes, il faut rester de longs moments au bord et attendre que des Boyeria, Aeshna, Cordulegaster et peut-être Somatochlora mâles s'observent en train de patrouiller. Quant aux exuvies, il faut les cueillir sur les pierres et les débris qui jonchent les rives ou surtout chercher et cueillir les centaines d'exuvies de Plécoptères et d'Odonates (libellules) sur les parois internes du pont de la rivière Port-au-Saumon (route 138, au-dessus de la rivière).

Deux facteurs permettent d'espérer voir des libellules au bord de la rivière près du camp. D'abord, en amont, le facies de la rivière change radicalement. Le débit de l'eau ralentit de façon dramatique au point qu'un site a été ''baptisé'' ''les Eaux Mortes'' par les Charlevoisiens des environs. Là, les larves de libellules peuvent mieux s'installer et même servir de nourriture pour la truite mouchetée présente dans ces eaux, car celles-ci demeurent oxygénées malgré les apparences. Deuxièment, il ne faut jamais oublier que les libellules volent beaucoup et loin, souvent plusieurs kilomètres en un seul ''voyage'', une seule envolée. Et les chercheurs découvrent que même les larves voyagent ou sont transportées par le courant. Il n'est donc pas surprenant qu'on observe des libellules près du bord de la mer (le fleuve estuarien) en y regardant de près. Du reste, faire l'inventaire des odonates de la rivière Port-au-Saumon, de son embouchure aux eaux mortes serait un beau projet pour la saison 2004. On y apprendrait surtout qu'une rivière change beaucoup le long de son parcours et cela peut influencer la composition de la faune à chaque site différent. Qu'en pensez-vous?

8. Les fourmis à Port-au-Saumon

Depuis plusieurs années, animateurs et campeurs sont conscients que le début du premier stage correspond à la période de vol nuptial pour plusieurs espèces de fourmis au-dessus du terrain du camp, devant le Demeurance et sur le terrain des tentes. Certaines années le phénomène est plutôt spectaculaire pour l'observateur. Nous avons capturé quelques unes de ces reines volantes. Les très gros spécimens appartiennent au genre Camponotus. Ceux de taille moyenne sont des formicines, une sous-famille de fourmis, et plusieurs appartiennent au genre Formica. Malheureusement, nous n'avons pas encore de manuel québécois permettant de déterminer ces fourmis à l'espèce. On peut retenir que les Camponotus sont les fourmis charpentières qui érigent leurs galeries dans les troncs d'arbres morts et s'installent aussi dans les poutres de nos maisons qu'elles finissent par endommager. Ces fourmis aux mandibules puissantes et fortes peuvent gruger le bois, le réduire en charpie, mais ne le digèrent pas comme les termites.

Les Formica représentent un vaste genre dont la détermination à l'espèce reste ardue. C'est un domaine pour le spécialiste chevronné. Autour du camp, plusieurs de ces formicines sont les fourmis des bois qui construisent des fourmilières en forme de dôme dont le somme t est recouvert d'aiguilles et de brindilles de conifères. On peut découvrir ces fourmilières notamment autour du champ de Zoel à Port-au-Saumon à la lisière des bois.

9. Capture du spectaculaire papillon de nuit, Hyalophora cecropia,
     à Port-au-Saumon en 2003

Le 27 juin, un magnifique papillon nocturne, l'Hyalophora cecropia était capturé dans la grande fenêtre de la Demeurance, éclairé de l'intérieur ,à la tombée du jour. À notre connaissance, ce papillon a été rarement capturé à Port-au-Saumon. Selon Handfield, Louis 1999 ( Le Guide des papillons du Québec, page 266). l'espèce serait absente de la région 3, qui englobe Port-au-Saumon. Il écrit, du reste, qu'elle n'est pas signalée du Saguenay et du Lac Saint-Jean, régions situées à côté de Charlevoix-Est. Il est important de voir si l'espèce sera capturée de nouveau au camp dans les années à venir. Il faut surtout être vigilant en juin et peut-être au début de juillet. Le cécropia s'observe surtout dans le sud-ouest du Québec.


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Centre de VACANCES   L'Ere de L'Estuaire

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Le Camp l'Ere de l'Estuaire, situé dans la baie de Port-au-Saumon, offre un encadrement privilégié pour le développement harmonieux et intégral des jeunes, principalement par l'initiation aux sciences de la nature, des arts et la vie de groupe en plein air,  sur un site exceptionnellement riche en biodiversité.

Le camp se situe à Port-au-Saumon dans la magnifique région de Charlevoix.


Camp l'Ere de l'Estuaire,  Port au Saumon, Charlevoix, réserve mondiale de la biosphère.



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